Note de synthèse :
Médicaments dans
les eaux usées

 

Il est intéressant de rappeler que nous élevons 70 000 000 000 (70 milliards) d’animaux chaque année pour notre consommation. Chacun de ces animaux, et tout particulièrement les bovins et les porcs, a besoin de beaucoup plus d’eau chaque jour que vous et moi – une centaine de litres ou plus pour une vache laitière, environ 80 litres pour un cochon, soit 60 fois plus que ce qu’il est nécessaire pour l’hydratation d’un humain. Maintenant multipliez cela par 70 milliards. Il est aisé de deviner où va notre eau ‘potable’.

Amilo - L'eau, pollution et déséquilibre planétaire

Pour produire 1 kilo de viande de bœuf, il faut en fait plus de 16000 litres d’eau, appelée l’eau virtuelle. Du point de départ de la production de l’alimentation céréalière et fourragère nécessaire à la nourriture de l’animal, en passant par sa propre consommation en eau, au nettoyage des étables et porcheries ainsi que l’eau utilisée dans le processus d’abattage des animaux et de traitement de la viande, jusqu’à notre assiette. Il faut 200 douches de 80 litres d’eau pour arriver à 16000 litres … autrement dit, éviter la consommation d’un kilo de viande de bœuf économise plus d’eau qu’une douche prise tous les 2 jours pendant un an !

Il faut bien comprendre que l’eau potable tirée du sol n’est pas en quantité infinie, cette ressource met des centaines, voire des milliers d’années pour se renouveler, bien plus que l’espace-temps d’une vie humaine … Les ressources en eau potable représentent 2,5% de toute l’eau présente sur la planète, et 70% de ces 2,5% sont inaccessibles (glaciers, neige, eau dans l’atmosphère). L’eau potable accessible représente donc moins de 1% de toute l’eau de la Terre !

20% ou plus de l’eau potable est utilisée pour la consommation du bétail. Plus de 30% du total mondial des terres utilisables sont consacrées à l’élevage, 1/3 de ces terres sont consacrées aux cultures fourragères, sur les terres arables, les plus précieuses et rares pour leur qualité de culture et d’accessibilité, au total plus de 75% des terres agricoles mondiales sont consacrées directement ou indirectement à l’élevage. En 2006, sur les 55 millions d'hectares (550 000 km2) du territoire français métropolitain, un peu plus de 32 millions d'hectares supportent des activités agricoles. 60 % de la production mondiale de céréales est consacrée à l'élevage industriel. 93% de la surexploitation de l’eau dans le monde est liée à l’agriculture, dont la majeure partie sert à l’arrosage des cultures fourragères.

La production de viande a été multipliée par 5 entre les années 1950 et 2000, 318 millions de tonnes de viande produite dans le monde en 2015 (26% de plus qu’en 2003). 29kg de viande consommée par personne et par an en moyenne en 1970 dans le monde, 43 kg en 2014 (76kg dans les pays développés)Lait, porc, bœuf et poulet sont 4 des 5 produits agricoles les plus vendus dans le monde en 2013 pour 679 milliards de $. En 2008, les productions animales ont contribué à 43 % au produit brut agricole français, soit 25,7 milliards d'euros, principalement dans le secteur du lait (8,9 milliards), de la viande bovine (8 milliards), porcine (3,2 milliards) et des volailles (3,4 milliards).

70% de nos forêts vierges ont été coupées et brûlées pour faire place à l’élevage, ces forêt, poumons de notre planète produisent plus de 20% de l’oxygène de notre planète et absorbent des millions de tonnes de CO2 qu’elles extraient de l’atmosphère pour les stocker dans le sol. 40% du méthane et 65% du protoxyde d’azote sont produits par l’élevage, le méthane est 23 fois plus puissant et le protoxyde d’azote 310 fois plus puissant, que le dioxyde de carbone (CO2) en tant que gaz à effet de serre. Eviter de manger de la viande d'élevage un jour par semaine équivaut à une économie de 170 kg de CO2 par personne et par an, soit un trajet de 1 100 km en automobile.

Aux États-Unis, les poules, dindes, cochons, moutons, chèvres et vaches élevés et tués pour nous nourrir produisent plus de 40 tonnes d’excréments par secondes. Selon une étude, à l'ouest des États-Unis le pâturage intensif du bétail a eu un impact négatif sur 80 % des cours d'eau et des habitats des rivières. En France, 95% des élevages porcins se fait sur de caillebotis clos.

En 2013, d'après l'OMS, au moins 50 % des antibiotiques mondiaux sont destinés aux animaux (usage préventif ou comme facteur de croissance), cela représente 13000 tonnes d’antibiotiques en 2009 aux États-Unis,  malgré la mise-en-place de mesures visant à réduire l'utilisation d'antibiotiques dans l'élevage. Du fait de la promiscuité et du peu de diversité génétique dans les élevages industriels, ces consommations massives d'antibiotiques aboutissent à l'apparition rapide de pathogènes antibiorésistants. La diffusion de ces pathogènes dans l'environnement se produit notamment par les déjections animales qui vont polluer les sols et les eaux, elle peut aussi se faire par la viande en cas de cuisson insuffisante. Par le même procédé, des résidus antibiotiques sont propagés dans l'environnement, contribuant aussi à la création et la diffusion de cette antibiorésistance.

L’épidémie de pfiestéria, un microorganisme 1000 fois plus toxique que le cyanure, se développe dans les excréments et urines de porc, qui sont ensuite déversés dans les rivières, lacs et océans. Plus d’1 milliard de poissons sont déjà mort à cause du pfiestéria sur la côte Ouest des États-Unis, c’est une des pires épidémies de toute l’histoire des États-Unis. Le pfiestéria est considéré comme un risque biologique de niveau 3 (Ebola niveau 4, SIDA niveau 2). En France sur 100 pièces de viande de dinde ou de poulet examinées, 25% contiennent des bactéries Escherichia coli dont 64% sont résistantes aux antibiotiques.

Durant l’année, plus de 160 millions de tonnes d’engrais minéraux chimiques seront répandus à la surface de notre planète. En six décennies, le recours à ces substances aura été multiplié par 5. La consommation mondiale d’engrais a plus que doublé au cours des trente dernières années. Elle dépasse les 200 kg à l’hectare en Europe, en Chine, au Japon, en Corée du Sud. En 2005, 75% des rivières chinoises étaient contaminées par les fertilisants. La France a reçu deux mises en demeure de la Commission européenne pour non-respect de la directive “Nitrates” restées sans effets suffisants. La Commission a ensuite traduit, en février 2012, la France devant la Cour de justice de l'Union européenne pour n'avoir pas pris les “mesures efficaces”.

La France est, en 2008, le quatrième consommateur mondial de pesticides. En 2006, ce sont 2 310 millions d’euros qui ont été dépensés en achat de pesticides (6 700 €/exploitation et 90 €/hectare). Le coût des pollutions agricoles (engrais azotés et pesticides) est de 1 milliard à 1,5 milliards d'euros par an au minimum pour les ménages (eau du robinet et bouteille). Le traitement complet (eutrophisation, algues vertes) est évalué entre 54 milliards et 91 milliards d'euros par an. 93% des cours d’eau français contiennent des pesticides.

Amilo - L'eau, pollution et déséquilibre planétaire

Il est évident et clairement établi maintenant, que la relation entre notre consommation de viande et le déséquilibre planétaire autour de l’eau, sa raréfaction et sa pollution, soit une réalité indéniable. A ceci nous pourrions bien entendu ajouter l’impact néfaste de la consommation de viande sur notre santé physique, énergétique, et sur notre niveau de conscience, ainsi que la maltraitance des êtres sensibles que sont les animaux, de l’élevage jusqu’à l’abattage.

« Si un homme aspire à une vie droite, son premier acte d’abstinence est de blesser les animaux. »  L. Tolstoï

« Les animaux partagent avec nous le privilège d’avoir une âme. »  Pythagore

« J’ai très tôt renoncé à la viande et un jour viendra où les hommes tels que moi proscriront le meurtre des animaux comme ils proscrivent aujourd’hui le meurtre de leurs semblables. »  Léonard de Vinci

« La cause des animaux passe avant le souci de me ridiculiser »  E. Zola

« Qu’y a-t-il de plus repoussant que de se nourrir continuellement de chair de cadavre ? »  Voltaire

 

Sources : Livre « Confortablement ignorant » du Dr R. Oppenlander, films  « Terriens » de Maxime Ginolin et chaine youtube #data gueule, Wikipédia, goodplanet.info, vegesophia.com